Pau ne renie pas le bus à hydrogène

Pau bus à hydrogène

Comme on pouvait s’y attendre, la réaction politique n’a pas traîné après l’information erronée* sur un site qui annonçait la « marche arrière » du bus à hydrogène à Pau. Dans La République des Pyrénées, un article publié ce matin titre que « l’agglo ne veut pas renier l’hydrogène » (ce dernier mot étant écrit en très gros).

Et le ton est donné dès le premier paragraphe. Nicolas Patriarche, le président de Pau Béarn Pyrénées Mobilités, « ne valide pas le raccourci » de ce site. « On n’a jamais dit qu’on passerait toute la flotte à l’hydrogène », s’agace celui qui est également Vice-président du département des Pyrénées-Atlantiques, Vice-président de l’agglo et maire de Lons, deuxième commune du Béarn en termes d’habitants. « On vient d’acheter quatre bus à hydrogène [des bus Van Hool de taille classique qui roulent sur le réseau en dehors de la ligne de Fébus], c’est bien qu’on y croit. Mais désormais, la capacité de la station à hydrogène est maximale », poursuit M. Patriarche.

Alors que le quotidien rappelle que l’Agglo Pau Béarn Pyrénées avait pourtant des ambitions supplémentaires (la mise en service, prévue pour le deuxième semestre 2023, d’un second électrolyseur, dans l’idée de faire rouler plus de bus à l’hydrogène, mais aussi une flotte de bennes à ordures et des véhicules de société), qui n’ont pas pu se concrétiser faute de subventions, le patron des mobilités se justifie. « Si on avait dû le faire aujourd’hui, on n’aurait sans doute pas lancé Fébus« , concède Nicolas Patriarche, « mais on n’abandonne pas l’hydrogène, il a montré sa fiabilité chez nous, et on ne regrette pas ce choix ».

Pas de parti pris

Par rapport aux coûts de l’hydrogène, passés à 400 000 euros, il faudrait mettre en face les prix du gasoil qui ont aussi augmenté ! », souligne-t-il. Au passage, l’élu révèle « qu’on n’a jamais produit autant d’hydrogène que maintenant ». Le pic date de septembre avec plus de 3 200 kg produits.

S’agissant du choix de commander des bus électriques (4 pour l’instant), Nicolas Patriarche apporte encore une explication. « On a l’obligation d’acheter des bus propres et il n’y a pas 36 technologies. On n’a pas la capacité de faire plus d’hydrogène, on va tester l’électrique et sa fiabilité, sans choix arrêté pour une filière ou une autre », dit-il. Il précise par ailleurs que les coûts de fonctionnement vont augmenter. « A une trentaine de bus électriques, il faudra un poste source nouveau, cela coûtera cher aussi, on le sait ».

Du grain à moudre pour les opposants à l’hydrogène

Le papier de La République des Pyrénées nous apprend que l’article trompeur du site a été relayé par l’opposition, qui « dénonce l’hydrogène depuis le début ». Pour un média censé valoriser l’hydrogène, ce n’est pas terrible. Et ce n’est pas tout. Un opposant, qui a été Président du Syndicat Mixte de Transports, déclare même dans le journal que c’est « le site officiel du très puissant lobby de l’hydrogène ». On est bien placé pour savoir que c’est faux et que cela ne risque pas d’arriver, surtout après cet épisode.

Rappelons que des réactions avaient été publiées dans le week end. Et voici notre article pour y voir plus clair dans cette affaire de copié-collé sur la base d’un article de la Gazette des Communes.

*Et toujours pas corrigée au moment où nous écrivons ces lignes

Voici l’article en question :

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à propos de l'auteur

Laurent Meillaud

Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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