Plaidoyer pour une filière française des e-fuels

filière française e-fuels

Dans une tribune publiée par les Echos, plusieurs acteurs appellent l’État à prendre en compte l’impératif de développer une filière française de carburants de synthèse (e-fuels) dans la future Stratégie énergie-climat.

« A l’heure où le gouvernement finalise la planification écologique et la future stratégie française énergie climat devant définir les modalités pour atteindre la neutralité carbone en 2050, la France doit bâtir une véritable stratégie d’approvisionnement des transports difficiles à décarboner en carburants alternatifs renouvelables et bas carbone » : ainsi débute cette tribune publiée hier. Le texte a été signé par un collectif de producteurs et de consommateurs potentiels de ce type de carburants.

Il explique en préambule que ces e-fuels se destinent aux secteurs maritime et aéronautique, qui contribuent chacun à hauteur de 4 % des émissions de gaz à effet de serre européennes. Ces carburants sont produits à base d’hydrogène et de CO2.

Hynamics parmi les signataires

Parmi les signataires, on trouve le groupe EDF. Sa filiale Hynamics a été auditionnée récemment par les sénateurs dans le cadre de la mission d’information sur le développement d’une filière de biocarburants, carburants synthétiques durables et hydrogène à destination des transports. Il se trouve qu’elle est impliquée justement dans un projet d’e-fuels avec le cimentier Vicat. Il s’agit du projet Hynovi, retenu au titre des IPCEI. Le carbone produit par la cimenterie Vicat de Montalieu-Vercieu (38)sera récupéré et combiné à l’hydrogène bas carbone de Hynamics afin de fabriquer du méthanol décarboné. Lequel peut servir de carburant de synthèse pour les bateaux. Très largement importé en France, et produit à 99% à partir d’énergies fossiles, le méthanol est utilisé par de nombreuses industries telles que le transport, la chimie et la construction. Il pourrait être produit en France.

Une vingtaine de projets en France

Récemment, un autre énergéticien, Engie, annonçait le lancement d’une unité au Havre, destinée à produire des carburants durables pour l’aviation. Rappelons que depuis cet été, il existe un bureau français des e-fuels qui a également mis en place un observatoire. Il existe une vingtaine de projets liés aux e-fuels (e-méthane, e-méthanol et e-kérosène) en cours de développement ou de déploiement dans 18 départements français. Ils devraient générer à terme une production combinée d’au moins 528 milliers de tonnes équivalent pétrole.

Vous voulez en savoir plus sur la filière française des e-fuels ? Alors nos 2 derniers articles sur le sujet devraient vous intéresser. Vous pouvez les lire ici et .

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à propos de l'auteur

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Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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